LA COLLÉGIALE SAINT-MARTIN

Samedi 09 mai 2026 à 15H57
Saint Martin est né en 316 à Sabaria (l’actuelle Szombathelie) en Hongrie.
C’était l’époque du développement de la chrétienté et l’enfant a certainement été en contact avec des chrétiens. Vers l’âge de 10 ans il manifestait déjà un grand intérêt pour le christianisme, mais il dut suivre les ordres de son père, officier supérieur de l’armée romaine, et s’engagea dans la carrière des armes. Affecté en Gaule à Amiens, c’est là que, selon la légende, il partagea son manteau avec un déshérité et fut baptisé. En 356, il quitta l’armée et se rendit à Poitiers pour rejoindre Hilaire, son ami et directeur de conscience, qui était évêque de cette ville.
Après quelques années rendues difficiles par les querelles qui déchiraient la chrétienté, il quitta Poitiers en 360 pour aller fonder la première communauté de moines à l’Abbaye de Liguré. En 370 l’Évêque de Tours étant décédé, les habitants de cette ville proclamèrent Martin à sa place contre son gré et l’enlevèrent. Martin se soumit et se consacra à la christianisation des campagnes restées païennes. Il lutta contre les idoles et leurs sanctuaires, et fit bâtir des églises dont une à Candes-sur-Loire. Au soir de sa vie, en 397, sa présence étant requise pour réconcilier des clercs dans cette localité, il s’y rendit, apaisa la querelle, mais, épuisé, il y rendit l’esprit. Disputé par les Poitevins et les Tourangeaux, son corps fut enlevé nuitamment par ces derniers qui le ramenèrent à Tours en bateau pour l’enterrer le 11 novembre. La légende veut que sur son passage, les fleurs se soient mises à éclore en plein novembre sur les rives de la Loire entre Candes et Tours, donnant naissance à l’expression «l’été de la St-Martin».
Les moines de Candes forment un collège de chanoine en ce lieu devenu centre de pèlerinage et en 848 l’église prend le titre de Collégiale. Pour accueillir tous les pèlerins il fallut l’agrandir et les travaux de la nouvelle Collégiale commencèrent vers 1180 par le chœur et le transept. La nef, du début du XIIIe siècle, est particulièrement impressionnante avec ses trois vaisseaux de même hauteur, aux voûtes angevines ou « Plantagenêt ». Au nord, est rajouté vers 1250, un porche monumental, richement sculpté, avec un pilier central. L’aspect fortifié de cette Collégiale lui vient des rajouts effectués au XVe siècle, à l’époque troublée de la guerre de Cent-Ans.
C’est un édifice somptueux, à la gloire de Saint-Martin et une petite chapelle, curieusement articulée entre le chœur et le bras nord du transept, à l’endroit où le corps de Saint-Martin fut enlevé par les chanoines de Tours, abrite le gisant du troisième évêque de Tours. Il est éclairé par un vitrail qui relate l’évènement.
